[RÉCIT] En Colombia me quedo

C’est au son de la salsa que je me plonge une nouvelle fois dans un voyage qui m’a fait oublié la notion du temps. J’ai visité de nombreux pays, chacun avec leurs particularités, leurs charmes, leurs paysages, leurs habitants. Toujours de véritables surprises et des dépaysements à n’en plus finir. Mais un pays reste gravé dans ma mémoire pour sa magnificence, sa chaleur et sa convivialité : la Colombie. Une chose en commun rassemble les touristes qui s’y sont rendus. Son envie de rester. Pourquoi me direz-vous ? Je vous répondrai : allez y faire un tour, vous comprendrez.

 

Sur les notes de la fameuse chanson de Joe Arroyo, « En Barranquilla me quedo », je plonge dans mes souvenirs. La Colombie, c’était il y a deux ans. C’était hier. J’y retournerai demain. De Bogota à Medellin en passant par Carthagène des Indes pour finir à la frontière panaméenne à Capurgana et Sapzurro, la Colombie a tant à offrir. Et pourtant. Elle souffre de préjugés et fait encore l’objet de nombreuses réticences des touristes internationaux. Et pour cause, la multiplication des enlèvements, l’avènement de groupes paramilitaires tels que les FARC, les règlements de compte entre narcotrafiquants, sans compter les violences commises à l’encontre des civils font redoubler de vigilance le commun des mortels. Ce paradoxe cinglant entre la beauté du pays et les atrocités qui y sont commises faisaient même dire à certains Colombiens, en référence à l’ère Escobar, que Dieu leur a fait cadeau du plus beau des pays, mais du pire des hommes.

Depuis les années 1960, le pays est plongé dans une succession de conflits armés qui ne tarissent pas. S’affrontent alors l’armée nationale colombienne aux groupes de guérilla marxistes (FARC et ELN) et les paramilitaires qui fondent un mouvement de contre-insurrection, opposés à l’État colombien. À cela se conjugue l’essor du narcotrafic avec l’avènement du règne de Pablo Escobar, célèbre baron de la drogue, dès les années 1980. Si aujourd’hui encore, la Colombie semble encore porter les stigmates de cette période de chaos orchestrée par une violence sans précédents, elle connaît une accalmie jamais vue depuis le début du conflit. Depuis 2010, les violences ont cessé, encourageant le début d’un processus de paix. Le 23 juin 2016, un accord de cessez-le-feu est signé avec les FARC et le 1er décembre 2016, l’accord est approuvé au Congrès. Après les FARC, la Colombie est désormais lancée dans les négociations de paix avec l’ENL. Avec ces évènements récents, il est clair que la Colombie désire redorer son image et montrer un nouveau visage.

Ancienne colonie espagnole, ce grand pays d’une superficie de 1,1 million de kilomètres carrés et de 48 millions d’habitants est décadent de surprises et de diversité. Le potentiel touristique est non négligeable. Il associe des villes débordantes d’histoires, (Bogota, Medellin, Carthagène des Indes), un éventail de paysages (des montagnes, des vallées couvertes par des plantations de café, une jungle riche en biodiversité et de magnifiques plages caribéennes de sable fin) et une population joyeuse en toutes circonstances et débordante d’énergie. En dépit des difficultés que les Colombiens ont connues ces dernières décennies, il a subsisté une rage de vivre inébranlable. De ma vie, je n’avais jamais vu des personnes aussi enthousiastes et heureuses de vivre, tout simplement. Dans ce pays aux mille couleurs, une chose est sûre, ce n’est pas seulement les paysages qui illuminent les visiteurs qui s’y pressent. C’est aussi la joie contagieuse des Colombiens. En Amérique latine, au sein de la petite communauté de voyageurs, courait la rumeur de cette chaleur et de la gentillesse légendaire des Colombiens. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Je m’y suis rendue et voici le périple aux quatre coins du pays.

Santa Fé de Bogota, ville bohème et arty

Tout commence à Bogota, la capitale colombienne, où un safari urbain dans les rocambolesques ruelles de La Candelaria nous est offert. Située à 2640 mètres d’altitude, celle-ci est ornée par la partie orientale de la Cordillère des Andes. Ce particularisme fait la beauté et l’originalité de la ville, perchée au milieu des montagnes. Son côté fantasque attire les visiteurs du quartier colonial. Et pour cause : on y trouve des restaurants où sont servis des plats végétariens, des petits cafés alternatifs, des boutiques encourageant l’artisanat local avec du reggae en fond sonore, et plus encore. Teintée d’une ambiance bohême, La Candelaria est un quartier où se mêle histoire et modernité sans jamais être aux antipodes. D’un côté, des maisons reflètent l’architecture coloniale espagnole : symétriques sans être parfaites, multicolores, superposées, entassées les unes aux autres, chacune d’entre elle raconte sa propre histoire. De l’autre, certaines couleurs et graphismes témoignent d’une sorte d’effervescence du « street art ». Cette vivacité de couleurs, de formes, de styles va de pair avec l’âme joyeuse et animée de ce quartier. Ce modernisme ne porte aucunement préjudice à l’historicité des lieux, au contraire, il lui rend hommage avec superbe.

Partout dans ce quartier, les petits marchands d’art avaient le don d’interpeller gentiment les passants pour vendre leurs « mochilas » (sacs typiques des ethnies Arhuaca, Kankuama et Wayuú), des bijoux et babioles en tout genre. Flâner dans La Candelaria, c’est un peu comme s’oublier pour mieux s’y retrouver. C’est s’y aventurer pour boire un tinto (café colombien servi noir) et se prêter au jeu de la dégustation de ce breuvage tant apprécié par les locaux. C’est s’acheter un pot de mangues fraîchement coupées et les déguster du bout des doigts. C’est aussi et surtout croiser le regard des habitants, leur sourire et leur parler. C’est tout bonnement un mélange de gaieté, de couleur et de chaleur au milieu d’une métropole pleine de vivacité et d’énergie. Véritable capharnaüm, La Candelaria est un lieu où on se laisse volontiers transporter, jusqu’à en perdre la notion du temps.

 

Medellín, tantôt dangereuse, aujourd’hui superbe

 

Comment parler de la Colombie sans parler de Medellín ? Fief de Pablo Escobar, il y a une vingtaine d’années, il a réduit cette ville à feu et à sang, faisant d’elle la ville la plus dangereuse au monde. La deuxième métropole du pays était aux prises avec une violence endémique. Le taux de criminalité s’élevait à 380 homicides pour 100 000 habitants. Puis le décès de Pablo Escobar, le 2 décembre 1993, a changé la donne. La disparition du cartel Medellín fût synonyme du déclin de la violence. Aujourd’hui, la capitale d’Antioquia s’est métamorphosée, a mis l’accent sur la construction de nouvelles infrastructures, la lutte contre les inégalités ainsi que le tourisme.

Désormais des routards du monde entier viennent y faire un pèlerinage pour comprendre l’histoire de Pablo Escobar, et a fortiori, celle de la Colombie. Ce développement soudain du tourisme n’est toutefois pas le fruit du hasard. Il résulte bel et bien de la curiosité des voyageurs y faisant une halte. D’ailleurs, il est très facile de trouver des « free walking tours », des visites guidées, dédiés à la compréhension de ce qui fût le cartel le plus imposant de l’histoire du XXe siècle.

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Les paysages entourant Medellín

 

Medellín a également de quoi offrir aux passionnés de la nature. Elle est entourée, comme Bogotá, par d’imposantes montagnes. Celles-ci sont teintées par la verdure imposante des cafeteras, ces fameux champs de café qui donnent de la vivacité au paysage. Lors de notre passage, nous nous sommes arrêtés à San Antonio de Prado, municipalité située dans les hauteurs de Medellín. Nous logions chez Walter, un local avec une joie de vivre intarissable. Il buvait ses tintos du soir au matin, sa cigarette au bec, toujours prêt à jaser. Sensible, il y avait deux sujets qui lui mettaient la larme à l’œil. Son fils, qu’il voit peu et son frère, tué pour une histoire de drogue, à l’apogée du règne de Pablo Escobar. Lorsque nous nous sommes rendus chez lui, c’était l’anniversaire de son décès. Nous avons été invités chez sa mère pour y boire des jus de fruits et parler. Mais je me sentais plus qu’étrangère au récit de ce tabou familial.

Enfant du pays, il connaissait le village comme sa poche. Grâce à lui nous avons eu la chance de visiter une cafetera. Je m’en souviendrai toujours. Son « ami », propriétaire des lieux, était très méfiant à notre égard. Il nous avait laissé rentrer, mais son chien qui montait la garde, se montrait vraiment menaçant. J’étais tétanisée. Malgré cette petite mésaventure, nous avons pu profiter des merveilles offertes par le paysage. Les montagnes imposantes sont verdies par les champs de café qui s’étendaient à perte de vue. Du haut des montagnes de San Antonio de Prado, nous pouvions admirer la grandeur de cette ville pleine d’histoire se confondant avec une nature touffue. De ce point de vue, je me disais combien j’étais chanceuse d’être là, pour la comprendre. Medellín, la ravagée, la périlleuse, la meurtrière n’avait jamais été aussi belle … et apaisée.

Carthagène la superbe et la côte caribéenne

Carthagène des Indes, héritière de l’empire colonial espagnol possède une architecture plus ou moins semblable à celle de Bogota. À une exception près : la chaleur tropicale conjuguée à l’âme créole de la ville. Choc des cultures qui s’allie merveilleusement, celle qui fût la première capitale colombienne séduit avant tout par sa beauté et son ambiance. Fondée le 1er juin 1533 par le conquistador Pedro de Heredia, celle-ci est entourée de somptueux remparts et d’une forteresse qui ont fait d’elle la belle des Caraïbes. Ce charme et cette singularité ont d’ailleurs été reconnus puisque depuis 1984, Carthagène des Indes a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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Une Palenquera, vendeuse de fruits et symbole de Carthagène

Les centaines de couleurs joyeuses qui ornent les façades andalouses, la vivacité des ruelles, les terrasses, toutes plus animées les unes que les autres, Carthagène a de sérieux atouts pour plaire le touriste en quête d’exotisme. Si l’architecture pigmentée est devenu un symbole, il l’est d’autant plus dans les paniers de fruits aux tons de mille et une couleurs des Palenqueras, les fameuses vendeuses ambulantes. Mangues, papayes, bananes, ananas et autres fruits de la passion sont coupés et vendus dans tous les recoins de la ville par ces dames aux robes multicolores. Celles-ci, d’origine africaine sont le symbole d’une résistance à l’oppression menée à l’encontre des conquistadors qui exploitaient les esclaves. Vêtues de leurs robes traditionnelles, paniers immenses sur le sommet de leurs têtes, l’héritage créole n’est pas bien loin.

Après cet arrêt à Carthagène, nous mettons le cap sur Santa Marta non loin du parc Tayrona. Ce parc national regorge de merveilles, entre jungle immenses et plages de sable fin. Pour s’y rendre, une randonnée est requise. S’il est possible d’arriver directement par Cabo San Juan, un incontournable toutefois très fréquenté par les touristes ; se rendre à la Playa Brava en passant par Calabazo vaut le détour. La marche pour y aller est de quelques heures (il faut ajouter à cela le facteur humidité ! Il faisait tellement chaud que j’ai fini par marcher en maillot de bain ! ). Une fois arrivés, les efforts sont récompensés. La Playa Brava, délaissée par le tourisme au profit de Cabo San Juan, est un véritable eldorado sauvage et perdu. Outre le fermier qui tenait ses petits bungalows et vivait de la coupe des cocos, il n y avait personne le jour où nous sommes arrivés. En revanche, comme dans beaucoup de plages, il est interdit de ses baigner à cause de la force des courants, qui chaque année, emporte avec lui une centaine de touristes. Nous nous sommes alors contenté de se tremper les pieds, et audacieusement, mouillé jusqu’aux hanches. Le lieu est magique : des cocotiers à profusion bordent les plages de sable fin. Tels des Robinsons Crusoé, quelque peu perdu, au bord de la mer, on y était. Outre le propriétaire des bungalows vides, nous apercevions certaines tribus autochtones comme les Kogis, qui vivent encore de manière traditionnelle dans le Parc Tayrona.

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Campement au bord de la plage, sous les cocotiers
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Playa Brava, déserte

 

Après une nuit à Playa Brava, il fallait de nouveaux chausser les bottes de randonnée pour repartir direction Cabo San Juan. Une fois arrivés, surprise. L’endroit était très joli mais désagréablement peuplé. Ça donnait l’impression de se retrouver dans un resort où affluaient les touristes. Cette impression de « tourisme de masse », n’était pas agréable. Déchets et autres personnes irrespectueuses de l’endroit causaient du tort à la beauté de l’endroit. Sans revenir sur cette déception, on a repris la route le lendemain directions les autres plages incontournables du parc national comme la Piscina et Arrecifes, plus belles, plus propres et bien moins fréquentées.

 

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Cabo San Juan dans toute sa splendeur, au soleil levant

Après notre échappée belle dans le parc Tayrona, nous avons pris la route de Minca, un village où mer, jungle et montagnes se confondent avec superbe. Des cafeteras entourent le village qui vit de l’industrie du café mais aussi de l’écotourisme. Dans une zone vierge de tourisme de masse, les possibilités sont infinies. Randonnées, équitation, visites de Fincas (fabrique de café), tout est bon pour se fondre dans la culture traditionnelle des Caraïbes. À commencer par marcher dans la forêt touffue Minca pour voir les cascades de Pozo Azul et Marinka. L’air y est tellement humide, qu’une baignade dans les eaux fraîches de la rivière est la bienvenue. Cette véritable immersion dans la nature est d’ailleurs recherchée par de nombreux yogis et personnes qui pratiquant la méditation. À la Casa Loma, l’auberge où nous avons posé nos valises – ou plutôt nos backpacks– de nombreux cours de yoga étaient offerts. D’autres, plus indépendants pratiquaient la méditation groupée. Il faut dire que l’endroit et la vue s’y prêtaient bien. Avec une vue imprenable sur Santa Marta, la jungle et la mer, les merveilles n’étaient pas loin.

Et en parlant de merveilles, elles nous ont menées jusqu’à Taganga. Faisant partie du parc national de Tayrona, ce village de pêcheur attire le tourisme pour une raison simple : ses fonds marins poissonneux et colorés. Outre l’attrait pour la pongée, ce village rassemble une communauté de voyageurs en quête de paix, et de bonne humeur. Installés à l’hôtel Republika Divanga, nous avions même accès à la piscine de Divanga Bed and Breakfast. En termes de tranquillité, il faut reconnaître que ce petit village est un véritable havre de paix où il y fait bon vivre. S’il est fréquenté les dimanches car les habitants de Santa Marta viennent y faire escale, la plupart du temps tout se résume en trois mots si bien définis par Baudelaire : « luxe, calme et volupté ». Des pêcheurs bordent les plages à la recherche de poissons, beaucoup de plages sont désertes ou très peu fréquentées. Il faut faire un peu de marche en plein cagnard pour y parvenir, mais le jeu en vaut la chandelle. Enfin, pour une journée, la décision d’aller explorer les fonds marins des Caraïbes s’imposait comme une évidence. À l’aube, nous sommes partis en bateau avec d’autres plongeurs et instructeurs, pour faire notre baptême de plongée. Une révélation. Terrorisée les premières minutes, la joie et la sensation d’être libre a rapidement emporté mes craintes. Des moments gravés dans ma mémoire à jamais.

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Baptême de plongée dans les eaux de Taganga

 

La frontière panaméenne : entre jungle luxuriante et eaux bleutées

Après multiples aventures et rebondissements, mon voyage en Colombie était sur le point de s’achever. Mes derniers moments, je les ai vécus à Capurgana et Sapzurro, deux petits villages perdus entre forêt tropicale du Darién et mer turquoise des Caraïbes. Le Darién est une région située entre le Panama et la Colombie. Impraticable et infranchissable, c’est d’ailleurs à cet endroit que la célèbre Panaméricaine est rendue inaccessible. Cette jungle trop épaisse, conjuguée à l’absence d’infrastructures routières empêche la traversée de la Colombie au Panama par la route. Une chance : la construction éventuelle d’un axe routier menacerait la biodiversité et le mode de vie des rares autochtones qui y subsistent. Il faut ainsi comprendre que s’y rendre relève du défi. De Turbo, il faut prendre des lanchas, de petites embarcations de fortune qui naviguent trois heures durant au gré des flots. La route vers un paradis sur terre. Un paradis, comme il en existe peu. Le tourisme n’y afflue pas, contrairement au Parc Tayrona. Il faut dire que le secret est bien gardé. Les amoureux de l’écotourisme savent d’emblée que cet endroit existe, mais le bouche à oreille reste le meilleur moyen pour s’y rendre. Peu réputées, ces deux destinations sont surtout déconseillées aux touristes en raison de la présence de groupes rebelles tels que les FARC, les Autodéfenses unies de Colombie et l’Armée de libération nationale.

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Balade dans la jungle, à deux pas de la mer

Cette jungle pleine de mystères y abrite quelques peuples indigènes qui ont conservé un mode de vie traditionnel les Emberás, des Wounaans et des Kunas. Vivant dans la profondeur des boisés tropicaux, ils sont coupés de toute civilisation. Dans les villages de Capurgana et Sapzurro la population, elle, y est majoritairement d’origine africaine. En effet, la période coloniale espagnole a connu, comme bon nombre de civilisations occidentales, son lot de dérives esclavagistes. Il en résulte aujourd’hui un héritage très métissé que l’on retrouve dans la cuisine, la musique, l’artisanat et le mode de vie créole, répandu dans les îles caribéennes.

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Sapzurro et le calme qui y règne
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Quelques maisons et surtout des bateaux pour pêcher, ressource essentielle pour le village

Si Capurgana a le mérite d’être une destination incontournable, il faut être conscient qu’elle offre peu de services aux touristes. Il n’y a pas de voitures, le transport de marchandises à travers le village se fait à dos d’âne. Il y a un aéroport mais les vols restent rares. Il n’y a pas de distributeur de billets non plus. Il faut donc prévoir son coup avant de s’y rendre. On y trouve une petite panaderia (boulangerie) quelques petits restaurants typiques comme Josephina. Situé sur la plage, il convient de vanter la qualité la cuisine qui y est proposée. Tout est à base de poissons et fruits de mers pêchés le jour même, le tout rehaussé par des sauces gourmandes et accompagnés de fruits exotiques. Un cocktail de saveurs créoles. En termes de logis, il est possible de trouver des petits hôtels de charme qui n’ont rien à envier aux grands hôtels de luxe. Pour ce qui est des auberges de jeunesse, il convient de mentionner La Bohemia, perdu dans la jungle, à deux pas de la mer et du village.

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Chaleur et convivialité à La Bohemia

Ce qui fait le charme du Capurgana, c’est le fait que tout le monde connaît son voisin. Le souvenir de la célébration d’un anniversaire sur la place publique m’avait marquée. La musique résonnait dans les quatre coins du village, les vieux, les jeunes se retrouvaient pour danser au son de la salsa, que chaque Colombien sait maîtriser avec fougue. Le partage était de mise, la joie de vivre, rassembleuse. Le gâteau d’anniversaire était partagé avec tout le monde. Nous étions même invité à les rejoindre. Ici toute occasion est bonne pour faire la fête. Chaque habitant du village est un membre de la famille à part entière.

Sapzurro et Capurgana offrent un dépaysement à n’en plus finir. L’eau est tellement turquoise qu’une partie de la plage de Capurgana est surnommée « la piscina » par ses habitants. Les amoureux de snorkeling seront ravis. On s’y laisse volontiers transporter d’un bout à l’autre de la plage grâce à un petit courant. Le sable y est fin, l’eau y est parfaitement claire, les cocotiers abondent sur la plage. Des masseuses offrent leurs services à la petite dizaine de vacanciers présents. Les plus aventureux peuvent se frayer un chemin pour se balader en bord de mer. La marche y est splendide. Il y a une vue imprenable sur un gros caillou qui semble être une île vierge, l’inspiration à Robinson Crusoé n’est pas très loin. De l’autre côté, il y a la jungle bordée par des cocotiers par milliers. Les plus téméraires peuvent tenter de casser une coco pour y boire son précieux breuvage. Depuis ce chemin, il est possible de faire un petit détour jusqu’à La Coquerita, où une piscine naturelle d’eau de mer borde la plage.

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Petite randonnée avec vue

En termes de petites randonnées, il est possible de se rendre à Sapzurro ou à La Miel (au Panama), à pied. Étant donné le climat tropical, une marche peut vite devenir difficile en raison du climat très lourd, mais la vue sur la mer des Caraïbes depuis les hauteurs de la forêt tropicale verdoyante, elle, vaut le détour. L’alternative du bateau est alors offerte et permet même de se rendre à La Miel. Arrivés à Sapzurro, les plages de sable blanc sont superbes, quasi désertes. Le village est petit et plus tranquille que Capurgana. Ses habitants, majoritairement Afros-Colombiens, vivent paisiblement au son de la cumbia, entre cueillette de mangues et pêche. Détendus, la sieste sur des hamacs est de mise lorsque le soleil est au zénith et la chaleur, à son apogée. Une ode à la simplicité et à la douceur de vivre. Sur la plage, les seuls enfants du village, surpris de nous voir, étaient curieux et contents de nous connaître. Décomplexés, ils nous parlaient comme si nous les avions toujours connus. Enjoués de tout, ils étaient heureux de vivre, comme si rien ne pouvait estomper une intarissable joie de vivre. Une joie omniprésente à Sapzurro, comme partout en Colombie. Comme si la dureté de la vie n’impactait nullement la bonne humeur générale. Une véritable leçon d’humilité.

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Ici, on va au Panama à pied
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Plage de La Miel
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L’église de La Miel

Si je devais conclure en seulement quelques mots mon ressenti sur la Colombie, ce serait chose impossible. De nombreuses pages me seraient nécessaires. Seulement quelques mots pour exprimer ce que j’ai vécu, seraient loin de suffire à ma peine, celle de quitter ce pays coloré. Alors je m’attarderai sur un mot seulement : sourire, ou plutôt sourire(S). Ceux qui ornent les visages de chacun des Colombiens et permettent de faire pétiller leur regard, que j’ai croisé et que j’ai emporté avec moi.

Colombia, nunca te olvidaré.

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Au détour d’un rêve, la liberté

 

 

 

 

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