[ARTICLE ] Première de « Frio » à Québec : une apologie du surf en eaux glacées

Crédit photo : Bryan Wilkat. Courtoisie Sequence Films

Frio, premier film de surf indépendant fait à Québec, réalisé par JP Veillet et Bryan Wilkat sera présenté à L’Anti, mercredi 6 octobre prochain. Lors d’une entrevue, JP Veillet, réalisateur du film et producteur à Sequence Films, en a profité pour revenir sur son inspiration et surtout sur la place du surf au Canada en général et au Québec en particulier.

 

Troquer un banal boardshort pour un wetsuit épais, une cagoule, des bottes et des gants afin d’arpenter les déferlantes de Tofino et Ucluelet. Si le défi semble fou pour Jackson Obando et Kevin Cortez, deux surfeurs nicaraguayens habitués aux eaux chaudes de Playa Gigante, il a pourtant été relevé avec brio. Du Nicaragua à la Colombie-Britannique, ce « feel good movie », selon les mots de JP Veillet, s’immisce dans deux univers aussi différents que rassembleur : l’amour du surf.

 

Il était une fois le surf en climat hostile

 

L’idée de surfer en eaux froides a été initiée par JP Veillet lors d’un voyage au Nicaragua. Fruit d’une rencontre et d’une amitié avec Jackson Obando et Kevin Cortez, il proposa aux deux illustres surfeurs nicaraguayens de rider les vagues de Colombie-Britannique.

Les deux sportifs ont accepté le défi au pied de la lettre. Après quelques duck dives glacials, les deux surfeurs ont pris le dessus avec aisance pour rider des vagues toujours plus froides les unes que les autres. « Au début, on a vraiment été surpris […]. C’est tellement des athlètes que les wetsuits ne les ont pas encombrés. Ils ont vraiment bien performé », explique le réalisateur du documentaire et instigateur du projet.

Selon lui, la difficulté du voyage des deux surfeurs n’a pas tant résidé dans le fait d’aller rider, et ce, malgré les conditions hostiles. Bien au contraire : « Leur but c’était d’aller surfer ». Il avance que c’est davantage un décalage culturel qui a marqué un tournant dans le surf trip des deux jeunes Nicaraguayens. « Le choc culturel, c’était plus d’arriver au Canada. Voir des buildings à Vancouver, la pluie, les montagnes […] », ajoute-t-il.

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Une démocratisation du surf au Canada ?

 

Surfer dans les eaux glaciales du Pacifique tend progressivement à faire partie de la board culture au Canada. De plus en plus de surfeurs réalisent que la Colombie-Britannique est une destination incontournable. Cette ouverture va de pair avec le fait que les riders sont moins enclins à aller dans le sud où les spots sont souvent pris d’assaut.

« Les gens qui le font savent que l’eau va être moins crowdée [sic]. T’arrives à certaines places dans le monde où le line-up de surfeurs dans l’eau est très agressif […]. Faut que tu sois bon en maudit pour prendre ta place [sic] ». L’accueil réservé aux surfeurs qui viennent au Canada est à l’inverse, plus ouvert, vante JP Veillet. « L’hospitalité est quand même chaleureuse et ça se ressent dans l’eau », a-t-il ajouté.

À cette dimension d’expansion du surf en Colombie-Britannique se conjuguent une attirance et fascination croissante pour ce sport au Québec. Frio est le tout premier documentaire du genre réalisé par un Québécois. Dans la constante mouvance pour ce sport, le producteur de Sequence Films est conscient que la sortie de son film est un terreau fertile pour la création et mise en place de nouvelles idées. « Ça va donner un genre de boost à la communauté. On espère qu’on va voir plus de projets de surf qui vont sortir du Québec avec ça ».

 

Une dimension internationale potentielle pour Frio ?

 

Un des objectifs du réalisateur québécois est de faire rayonner le Canada par-delà les frontières. « Je voulais présenter le Canada parce que je savais que ce serait un film qui pourrait aller à l’international », avance le réalisateur. La manière dont le documentaire instrumentalise la vision de ce pays repose sur une part infime de paradoxe entre deux jeunes Nicaraguayens d’une part, et une nature hostile qui doivent être en mesure d’affronter, d’autre part. C’est dans cet esprit que JP Veillet veut « faire découvrir [le Canada] à travers les yeux de deux jeunes qui n’ont pas tellement leur place ici ».

Concernant la présentation du film à l’étranger, c’est déjà chose faite grâce à la participation au Paris Surf & Skateboard Film Festival qui s’est tenu du 22 au 25 septembre dernier, dans la Ville Lumière. Désormais, l’équipe de Sequence Films a quelques dates de prévues aux États-Unis dans le but de se faire repérer. « On espère tomber dans l’œil de certaines personnes […]. On va essayer de faire de la promo pour le film, dès qu’il va être en vente », conclut le réalisateur de Frio.

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